Les Rochambelles en Alsace, du 23 Novembre 1944 au 10 Février 1945

 

Marie-Thérèse Pezet rejoint les Rochambelles à Paris, où elle a exercé les fonctions de conseiller juridique au Quai d'Orsay avant l'occupation. En Lorraine, elle survit aux intenses bombardements, et reçoit une balle dans le pied près de Strasbourg. Pourtant, sa pire expérience de guerre, elle la connaîtra dans le petit village alsacien de Grussenheim.

La 2ème DB n'est alors plus rattachée à l'armée américaine, mais se trouve placée sous le commandement du Général de Lattre de Tassigny. Et celui-ci a ordonné une attaque frontal du village, au milieu d'un champ couvert de neige. Les Allemands sont retranchés derrière de vieux murs de pierre, appuyés par de l'artillerie de 88mm, alors que les français ont installé leur bivouac non loin de là dans un bosquet d'arbres dénudés. La neige est épaisse, la température a chuté agrave; –23°C durant la nuit. Pour se réchauffer, les soldats se relaient à tour de rôle à l'arrière de l'ambulance de Marie-Thérèse, où il ne faisait que 0°C.

Seul le commandant du groupe tactique, le Colonel Joseph Putz, refuse de monter dans l'ambulance. Par crainte superstitieuse, ainsi qu'il avoue à Marie-Thérèse. Pour ne pas mourir de froid, il s'enveloppe d'une bâche et boit du café. L'attaque est prévue pour le lendemain, le 28 janvier, et le plan de bataille ne réjouit personne. Ce matin là, Putz requiert l'ambulance de Marie-Thérèse afin d'y étudier les plans en détails. " L’attaque de Grussenheim posait sur lui. Il avait une grande responsibilité. On s’est dit, il faut le garder en bon état," se souvient Marie-Thérèse.

Putz travaille au plan d'attaque toute la matinée, et décréta en plaisantant que l'ambulance abritera dorénavant son centre de commandement. A midi, il convoque une réunion d'officiers pour mettre au point les détails dans une clairière dégagée. Marie-Thérèse prend peur. "Ils sont fous ! ! Les Allemands peuvent les voir". Au même instant, des obus de mortiers s'abattent sur le groupe. Les hommes cherchent un abri mais n'en trouvent pas. Marie Thérèse et sa partenaire sautent dans leur ambulance pour ramasser les blessés.

Putz est mort, et il a un pied arraché par l'impact du mortier. Ayant reçu l'ordre de ne pas s'occuper des morts, elles l'abandonnent pour prendre soin des blessés. Mais, à leur retour de l'hôpital, elles sont tenaillées par le besoin de lui rendre un dernier hommage. Si on ne peut pas le transporter, au moins faut-il essayer de retrouver son pied afin de lui restituer son intégralité corporelle. Après une demi-heure de recherche, elles découvrent le pied dans un buisson, elles le posent à côté du corps et font leurs adieux. Des soldats vivants vont avoir besoin d'elles: l’attaque a commencé.

Dans la neige en Alsace: Michette de Steinheil, Anne-Marie Davion, Raymond Worms (un infirmier) et Crapette Demay

 

 
 
 
     

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